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Axe 4 : Enjeux politiques et économiques de la mondialisation de l'information

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Axe 4 : Enjeux politiques et économiques de la mondialisation de l'information
Co-responsables : Arnaud Mercier et Tristan Mattelart, avec Fabrice d’Almeida et Valérie Devillard

L’essor d’internet, prenant corps dans un contexte de croissante mondialisation, a fait considérablement évoluer les conditions dans lesquelles est produite et circule l’information à une échelle internationale. Coïncidant avec une tendance à une compression des dépenses allouées à l’actualité étrangère de la part des médias traditionnels, l’avènement du web a ainsi facilité l’investissement du champ de la production d’informations par de nouveaux acteurs, individuels ou collectifs, militant pour d’autres représentations médiatiques du monde. Parallèlement, les logiques organisant la circulation internationale de l’information ont été transformées sous l’effet du rôle croissant d’intermédiaires que jouent en ce domaine tant les moteurs de recherche, les agrégateurs de nouvelles que les réseaux socionumériques. Les différentes plateformes du web ont enfin été investies par une pluralité d’acteurs étatiques ou non-étatiques aux fins d’y déployer des stratégies d’influence ou de déstabilisation sans considération de frontières.

Les travaux portent sur la question des rapports de pouvoir existant entre les différents acteurs de l’information internationale. L’irruption de nouveaux acteurs force à considérer les nouveaux équilibres et rapports de force qui s’instaurent entre eux et les acteurs plus anciens, et à envisager la manière dont les mécanismes qui organisaient auparavant la circulation internationale de l’information s’en sont trouvés reconfigurés.

Ils interrogent également la manière dont le développement du web a transformé les diplomaties médiatiques des États (déployées prioritairement, jusqu’à une date récente, à travers leurs radios ou télévisions internationales). Ces diplomaties font face à une abondance de voix, parmi lesquelles elles s’efforcent de se faire lire, entendre ou voir. L’émergence des différentes plateformes du web confronte de plus les instruments traditionnels de la diplomatie médiatique à de nouvelles logiques de production et de circulation de l’information, ainsi qu’à de nouvelles formes d’interactions avec leur public.

Il s’agit également d’analyser la façon dont les transformations de l’écosystème de l’information ont ouvert la voie à des stratégies transnationales de persuasion et de manipulation dans un contexte croissant de cybercriminalité. En multipliant les points d’entrée dans les systèmes d’information des adversaires (ou censément partenaires) pour les espionner, les pirater, et en utilisant l’anonymat du web pour assurer la circulation virale et dissimulée de discours critiques, l’internet est en effet devenu un espace transnational d’opérations de déstabilisation.

Cet axe s’interroge également sur la manière dont les acteurs de la vie publique internationale sont mus par les impératifs de la communication politique. Il s’agit à cet égard de cerner les dispositifs de communication mis en place par ces acteurs aux fins d’améliorer leur image ou de maîtriser les flux d’information produits sur eux, mais aussi les efforts entrepris par certains d’entre eux pour devenir leur propre média.

Enfin les travaux portent sur les manières connectées de faire un public ou un contre-public transnational à travers des mobilisations sociales et politiques envisagées comme des laboratoires expérimentant les rapports entre local et transnational à l’ère du numérique.